De toute évidence, Shawinigan sera désignée aujourd’hui ville hôtesse des Jeux du Québec été 2012. S’il fallait que sa candidature soit rejetée alors qu’elle a non seulement monté un dossier crédible, mais qu’elle est seule en lice, ce serait pire qu’une déception, ce serait une véritable humiliation.
Il y a deux ans, Shawinigan était aussi sur les rangs pour accueillir les Jeux d’été. C’est Gatineau qui a remporté la mise et qui sera l’hôte en août prochain de ce grand rendez- vous de la jeunesse sportive québécoise. En 2007 également, Shawinigan rêvait de présenter la Coupe Memorial, elle l’a échappée aussi, notamment parce que son amphithéâtre n’était pas encore prêt. Aujourd’hui, il l’est. À Shawinigan, on se croise donc très fort les doigts dans l’attente de la décision.
Évidemment, la tenue de tels Jeux ça n’équivaut pas à une relance économique instantanée, ni à un gros coup de création d’emplois, mais si les villes aiment bien s’investir pour les présenter c’est qu’elles y trouvent leur compte. Elles bénéficient de subventions pour améliorer leurs infrastructures sportives (dans le cas de Shawinigan ce serait principalement la piste d’athlétisme qui serait rénovée et élargie et on aménagerait des pistes de BMX et de vélo de montage), elles reçoivent beaucoup de visiteurs durant les compétitions, ce qui fait rouler notamment l’hôtellerie et la restauration, et elles attirent l’attention des médias extérieurs en faisant parler d’elles sous un jour positif. Bref, c’est bon pour la relève sportive, bon pour l’économie, bon pour le moral et bon pour l’image.
C’est Sport-Québec qui décide du choix de la ville hôtesse. On prend en considération la capacité d’accueil, le sérieux de l’organisation, la solidité du financement et l’état des sites de compétition. Une ville qui n’aurait pas de piscine, par exemple, pourrait difficilement prétendre être en mesure de présenter des compétitions de plongeon. Il faut évidemment pouvoir accommoder toutes les disciplines. Shawinigan a tout ce qu’il faut et l’enthousiasme des organisateurs ne fait certainement pas défaut non plus.
Est-ce qu’une ville peut perdre de l’argent dans l’aventure? Les exemples récents de Jeux tenus ailleurs indiquent qu’ils font leurs frais et même un léger surplus qui doit être réinvesti dans le sport local. À Shawinigan, on a un budget de 250 000 $ pour mener l’affaire à bien. Il faut compter aussi avec l’apport des subventions, des commandites et de la vente des articles promotionnels. Dans l’ensemble, on estime à quelques millions de dollars les retombées économiques d’un tel événement. Shawinigan en a bien besoin et elle mérite certainement d’avoir enfin une bonne nouvelle.
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